Episode 2 Les Soldes   


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Episode II : les soldes

          En ce  lundi 5 janvier, toutes les parisiennes, de la cousette à la grande bourgeoise, se préparent à des achats avantageux, car les grands magasins mettent en vente de grandes quantités d'objets, tissus, vêtements et accessoires pour dames à des prix soldés.

          Jeanne et son amie Juliette, accompagnées d'une des bonnes de madame M. (sa future belle-mère), ont pris un fiacre, un "sapin" comme on dit familièrement, pour se trouver parmi les premières acheteuses dès que les portes du BON MARCHE s'ouvriront.

           A leur grand étonnement c'est une femme cocher qui prend les rênes et les mènent grand trot. Mais il y a tant de sources d'ébahissement à Paris, que depuis les trois jours de son arrivée chez les parents de son fiancé, Jeanne n'est pas encore blasée.

                Pour venir de Belfort, Jeanne et son amie, n'avaient encore jamais pris seules le train, et à l'appréhension  de cette nouvelle expérience s'étaient ajoutés les désagréments d'un si long voyage, même si le confort de la 1ére classe était parfait.

 

             Jeanne et Juliette auraient tout aussi bien pu monter dans le tramway, car une ligne directe les aurait conduites de la Rue de Sèvre au Bon Marché, mais en bonnes provinciales, elles apprécient beaucoup les voitures hippomobiles.

              A l'intérieur du magasin, dames élégantes et ouvrières se côtoient sans façon, car toutes n'ont qu'une idée en tête, sans différence de classes : réaliser la bonne affaire.

              On ne sait où donner de la tête, tant les comptoirs de présentation regorgent de jolies choses, et les demoiselles de magasin courent en tous sens pour satisfaire la clientèle.

               

               Après trois bonnes heures pendant lesquelles, discussions, propos parfois un peu vifs avec d'autres clientes, et commandes auprès des vendeuses les ont bien occupées, les jeunes filles se  sentant un peu lasses décident de s'arrêter au salon de thé pour reprendre forces, grâce à une des délicieuses pâtisseries que l'on y sert. Les fameuses madeleines de Commercy, sont tout de suite choisies, car elles leur rappellent un peu leur région.

               Un petit tour sur les grands boulevards où se mêler aux flaneurs désoeuvrés, aussi bien qu'aux gens pressés de vaquer à leurs obligations, est un vrai plaisir, malgré la petite pluie fine qui nécessite l'ouverture des grands parapluies qu'elles avaient pris la précaution d'emporter.

                        Seuls les paquets contenant les achats les plus fragiles ou précieux, ont été rapportés à la main, le reste sera livré dans la journée, comme s'y engage "la maison BOUCICAUT", grâce à ses voitures automobiles de livraison.

                   Le retour en autobus leur permit de prendre la mesure de l'activité trépidante de cette ville dont la majestueuse beauté les a encore une fois effarées.

                    Enfin, quel bonheur de pouvoir farfouiller dans toutes les étoffes et dentelles acquises de haute lutte, et faire admirer à Madame M, indulgente, toutes les futilités qui embelliront la parure de la future jeune mariée.

                     Le séjour de Jeanne à Paris doit se prolonger, ne manquez pas toutes les visites et mondanités prévues au prochain épisode de cette chronique qui ne relate pas seulement la mode, mais aussi les faits de société qui constituaient le quotidien des gens de cette époque.

A suivre..........


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